Candidat du Rassemblement national aux élections municipales à Annecy, Guillaume Roit-Levêque a élaboré, avec son équipe, un programme d’une soixantaine de points qui se veut « concret, financièrement réaliste et au plus près des besoins des habitants ». Dans ce document, plusieurs propositions fortes émergent, traduisant les priorités de la tête de liste. Analyse.
Parmi les premiers à déclarer officiellement sa candidature à la mairie d’Annecy – en août 2025 -, Guillaume Roit-Levêque a, depuis, distillé son programme au compte-goutte, préférant dévoiler ses idées fortes en meeting ou lors de rencontres sur le terrain. Alors que le premier tour approche, et que ses concurrents ont avancé leurs pions ces dernières semaines, l’heure est venue pour le candidat du Rassemblement national (RN) d’entrer dans le détail.
Embaucher une trentaine de policiers municipaux
Parce que la sécurité est « dans l’ADN » de son programme, Guillaume Roit-Levêque commencera par recruter « au moins 20 policiers municipaux “de jour” et 8 autres pour constituer une brigade de nuit » s’il est élu maire. Soit une trentaine d’agents au total. « On fera plus si on peut se le permettre », ajoute-t-il.
À ses yeux, il faut en effet « 1 policier pour 10 000 habitants si on veut bien faire », ce qui équivaut à 130 agents à Annecy. « Or, aujourd’hui, il n’y en a qu’environ 80. Ce n’est pas assez. » Questionné au sujet de leur recrutement, car il est difficile pour une collectivité d’attirer des personnels sur un territoire où le coût de la vie est particulièrement élevé, le quadragénaire répond qu’il jumellera l’offre d’emploi à une offre de logement. « La Ville en possède un certain nombre, on les réaffectera en priorité à ces nouveaux policiers », explique-t-il.
Ressusciter le projet de transformation du parking de la préfecture et en créer un second à la place du commissariat actuel
En matière de circulation et de stationnement, le Haut-Savoyard estime que « défaire ce qui a déjà été fait ne servirait pas à grand-chose », si ce n’est « dépenser encore plus d’argent public ». Aussi, il ne reviendra pas sur la piétonnisation de la rue de la Paix ou celle de la rue Grenette. « En revanche, là où il n’y a que des bornes à ôter, comme la poche du lac ou les pétales fanés, tout est possible », prévient-il. Et de promettre « de demander l’avis aux personnes concernées » avant de trancher. Par ailleurs, il souhaite ressortir des cartons le projet d’agrandissement du parking de la préfecture – imaginé sous le dernier mandat de Jean-Luc Rigaut mais abandonné par François Astorg en 2020 -, et construire un parking souterrain en lieu et place du futur ex-commissariat des Marquisats. « C’est un endroit stratégique, à l’entrée de la ville et à deux pas des vieux quartiers », plaide la tête de liste.
Aider financièrement les jeunes couples qui veulent acheter un logement
Guillaume Roit-Levêque désire soutenir financièrement les jeunes couples actifs du bassin annécien qui sont locataires à accéder à la propriété. Comment ? En leur offrant, après une sélection sur dossier, la somme de 10 000 euros. « Celle-ci servirait d’apport ou de complément d’apport », éclaire-t-il. En échange, le ménage s’engagerait à résider à Annecy « pendant une durée d’au moins cinq ans ». Dix opérations de cette nature seraient menées la première année, permettant ainsi de « voir si le dispositif est déclenchant ou pas », explique le candidat.
Bloquer le projet de mosquée avenue de Loverchy
« Si je deviens maire, la mosquée de l’avenue de Loverchy ne se fera pas », assène Guillaume Roit-Levêque. Pourquoi ? « Parce que le quartier, qui possède déjà des lieux de culte, deviendrait une enclave communautaire », argumente-t-il. Une référence au fait qu’une autre mosquée, gérée par la communauté turque, se trouve déjà dans la zone de Vovray [NDLR : la troisième de la ville, pour sa part, est aux Fins].
Bien que le projet soit déjà avancé – le conseil municipal a validé la cession du terrain à l’association Salem le 30 septembre dernier -, l’Annécien assure qu’il s’y opposera « fermement » et qu’il trouvera « des leviers » pour le bloquer. « Comme refuser tout permis de construire », signale-t-il.
Fera-t-il une contre-proposition aux porteurs du dossier ? « On verra, on discutera. En tout cas, on sera attentif à propos du financement. Aussi bien celui qui servira à construire que celui qui servira à faire fonctionner ce lieu. »
Créer une maison de l’artisanat local
En plus d’initier des rendez-vous supplémentaires célébrant les traditions savoyardes – « la Fête du caïon et le Retour des alpages c’est très bien, il en faut plus » -, le candidat créera une maison de l’artisanat local. Où ça ? « Dans le hall du rez-de-chaussée de l’hôtel de Ville, à la place du café associatif qui est dans les plans. » On y trouvera « toute la richesse du terroir, dans tous les domaines ». Et d’annoncer une « valorisation des savoir-faire » via des expositions, des ateliers et de la vente. Par ailleurs, des emplacements pourraient être réservés à ces mêmes artisans locaux lors des grands événements annéciens (marché de Noël, Fête du lac…).
Comment financer son programme
En même temps qu’il a conçu son programme, le Rassemblement national a concocté un “contre-budget” qui servira à financer toutes les mesures qu’il compte engager en cas de victoire. « En clair, ça signifie qu’on réduira le budget de chaque service de 2 à 5 % et qu’on utilisera les crédits dégagés pour réaliser nos projets », décrypte Guillaume Roit-Levêque, la tête de liste. « L’idée, c’est que ça soit le plus indolore possible pour les agents – même si je conçois que 5 % en moins ça n’est pas neutre – et pour les Annéciens. » Dans le même ordre d’idée, il est prévu de raboter de 12 % la section “investissements” pour se dégager des marges de manœuvre. « Avec tout ça, on s’engage à ne pas augmenter les impôts locaux durant tout le mandat », promet le candidat. Ceci d’autant qu’il assume « ne pas être friand des grands projets très coûteux », auxquels il préfère « les petits projets qui améliorent vraiment le quotidien ».
Ce serait oublier que la piscine des Marquisats, la reconstruction de la mairie et le haras, pour ne citer que ces exemples, représentent plus de 110 millions d’euros d’investissements qui brideront la prochaine équipe, quelle qu’elle soit. Quant aux mesures évoquées ici, « elles sont déjà toutes budgétisées », assure Guillaume Roit-Levêque. « Les 20 policiers municipaux, c’est 20 fois 45 000 euros annuels. Et les 8 agents de la brigade de nuit, c’est 8 fois 55 000 euros », expose-t-il. Soit un total de 1,3 million d’euros. Pour ce qui est de la construction des parkings, il concède que les confier au privé, « comme c’est le cas de plusieurs sites en ville », est une option. « C’est un équipement rentable, on trouvera des entreprises intéressées. » La maison des artisans, elle, coûterait 200 000 euros et l’aide financière aux couples pour acheter un logement 100 000 euros (la première année).





